samedi 4 juillet 2009

Du pied à la pierre


Du pied à la pierre
il n'y a qu'un pas

Mais que d'abîmes à franchir
nous sommes soumis au temps

Elle, immobile
au coeur du temps
Nous sommes astreints au dit
Elle, immuable
au coeur du dire

Elle, informe
capable de toutes les formes
Impassible
porteuse des douleurs du monde

Bruissante de mousses, de grillons
de brumes tranmuées en nuages
Elle est voie de transfiguration

Du pied à la pierre
il n'y a qu'un pas

Vers la prescience
Vers la présence

François Cheng A l'orient de tout


Reprendre ce chemin d'écriture après ces longs mois de surcharge de travail, Et ne rien laisser repousser l'avancée, rien, ni personne. Ecriture et lecture, en lenteur et en silences. Indispensable rythme dans l'effervescence vivante. Devenir pierre capable de prendre toutes les formes.
Et puis marcher...

samedi 18 avril 2009

Les arbres-alphabets

Pourquoi tourne-t-on longtemps autour d'un auteur avant de se décider à le lire, à s'y plonger, à se laisser séduire? A regretter sa disparition, à regretter de ne pas l'avoir connu, à regretter de ne pas avoir été assez attentive avant. Mais avant quoi?


Dans Roland Barthes par Roland Barthes dont je viens d'ouvrir le premier livre


Vers l'écriture


Les arbres sont des alphabets, disaient les Grecs. Parmi tous les arbres-lettres, le palmier est le plus beau. De l'écriture, profuse et distincte comme le jet de ses palmes, il possède l'effet majeur: la retombée.





Dans le Nord, un pin solitaire
Se dresse sur une colline aride.
Il sommeille; la neige et la glace
L'enveloppent de leur manteau blanc.


Il rêve d'un beau palmier,
Là-bas au pays du soleil,
Qui se désole, morene et solitaire,
Sur la falaise de feu

Heinrich Heine

mardi 14 avril 2009

Le courage de l'envol



Elle se croyait solide et la voilà perdue
Elle se croyait savante et la voilà errante
Difficile de dire « je » en cette peine immense…
Cette envie de dormir, d’entrer dans le silence
Comme on entre au couvent
Pour n’en plus ressortir
Cette envie de néant
Qui submerge, qui suspend
Tout le désir de vivre, toute envie de sourire

Puisqu’il faut avancer, redevenir chameau
S’en aller bravement sur le chemin devant
Sans permettre à l’esprit d’abandonner la lutte

Elle, elle comptait sur les mots
Mais les mots se sont tus, que faire de ce silence
Qui répond aux questions ?
Ce silence qui l’isole et dans cette prison-là
Elle n'est pas de taille à percer la muraille

Trouver en elle et hors d'elle
Le courage de l’envol vers la joie retrouvée
De porter haut et fort la bannière de la vie
Et d’oublier la mort ou de faire comme si

Vivre

lundi 13 avril 2009

Alouette

S'engager sur le chemin nouveau d'un blog plus précis. En bonne compagnie. Se vouloir caillou, pierre de taille, grain de sable, sans cesser pour autant d'envisager le ciel, de l'alouette à l'aigle, peu importe, pourvu qu'il y ait l'aile. Vigoureuse ou fragile, ouverte vers l'ailleurs ou un autre possible...


Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins.
Celui dont les pensées, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!

Charles Baudelaire